Le retour (courage, revenons!)

Retour sur le blog mais aussi retour à la médecine générale après une coupure de 4 ans et la vie de salarié - ses hauts et ses bas -en EHPAD, HAD, hôpital.
L'intérêt professionnel du métier, les relations  souvent riches (ou parfois, ça dépend des jours), avec le patients, m'ont fait replongé dans ce beau métier utile.
Un regain d’enthousiasme m'a même fait créer mon cabinet il y a un an dans la perspective de finir ma carrière "comme un vieux con", loin des MSP, du médecin des populations, sans secrétariat, sans associé (quoique, un jour?) mais avec un logiciel médical tout de même (que je sois au moins utile à big brother).

Pour autant, à la relecture, je ne retire rien de ce que j'ai écrit il y a 4 ans dans mon livre sur la crise de la MG et la crise de la santé, dont le final:

"

A l’heure où va se produire une crise prévisible, annoncée mais toujours pas anticipée, mon analyse est que les médecins généralistes vont en être le bouc émissaire. Tout est en place pour cela.
Le paradoxe est que la médecine générale va sans doute être victime d’une alliance contre-nature.
Les défenseurs de la Fonction Publique ne veulent définitivement pas à voir que les généralistes remplissent une mission de service public.
Les pourfendeurs[1] de l’Assurance Maladie voient dans l’absence de régulation médicale l’espoir de son l’affaiblissement si ce n’est de sa disparition.
L’OMS, 30 ans après la conférence d’Alma-Ata, ne dit pas autre chose dans son rapport 2008[2] :
« En l’absence d’une politique et d’un encadrement énergiques, les systèmes de santé n’adoptent pas spontanément les valeurs des Soins de santé Primaires et ne réagissent pas efficacement à l’évolution des problèmes sanitaires.
La plupart des responsables de la santé savent bien que les systèmes de santé sont soumis à des forces et à des influences puissantes qui prennent souvent le pas sur l’établissement rationnel des priorités ou des politiques, détournant par là les systèmes de santé de leur orientation première.
Aujourd’hui, les systèmes de santé classiques sont sous l’influence d’un certain nombre de tendances caractéristiques, à savoir:
Une importance disproportionnée accordée aux soins tertiaires spécialisés que l’on qualifie souvent « d’hospitalo-centrisme » ;
La fragmentation, qui résulte de la multiplication des programmes et des projets ;
La marchandisation envahissante des soins de santé consécutive à la dérégulation des systèmes de santé. »
Mon intérêt est désormais celui d’un citoyen sans doute plus éclairé que la moyenne sur le devenir de notre système de santé encore plus ou moins basé sur la solidarité.
Aux citoyens donc de décider, si on leur expose les vraies données du problème et si on les laisse donner leur avis."




J'ai donc mis en lecture direct le livre pour ceux qui veulent penser en dehors des sentiers battus.




25 % de généralistes en moins en 2015

C'est désormais le chiffre retenu pour le déclin démographique de la médecine générale et la déclin sanitaire qui va aller avec dans une population vieillissante.

Pourcentage que je donnais lors de la parution de mon livre en 2012 .

voir le chapitre sur cette question

Pénurie de généralistes à .... l'hopital.

En septembre 2013, les établissements médicaux français comptaient 4 356 postes de médecins – généralistes et spécialistes – à pourvoir, révèle le deuxième baromètre Appel Médical Search des offres d’emploi médicales. “Ces résultats confirment le caractère structurel de la pénurie touchant les médecins en France”, note Christophe Bougeard, directeur général d’Appel Médical. 
 Parmi les métiers les plus recherchés, les généralistes font la course en tête, avec 1 524 offres d’emploi. Derrière, les urgentistes, les anesthésistes et les gérontologues constituent le trio de tête des spécialités les plus demandées par les établissements de santé, avec respectivement 314, 279 et 245 offres d’emploi au 15 septembre 2013.  source: egora.fr

Choisir sa mort ?




Tribune dans l'Humanité Dimanche -  Juin 2013

Une proposition de François Hollande nécessitera encore plus de fermeté que la loi sur « le mariage pour tous », c’est la proposition 21 : « Je proposerai que toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité. »
Le mot dignité sera sans doute le premier lieu de l’affrontement tant ce terme a de sens. Schématiquement, pour les partisans de l’euthanasie, chacun a le droit de construire sa vie et d’élaborer son sens de la dignité. On ne naît pas digne, on le devient, pour paraphraser Erasme et Sartre.

Usé par son désert, le jeune MG prend la fuite

source : egora.fr

Le célèbre Dr Borée, blogueur à ses heures, s’apprête à baisser le rideau de son cabinet. Trop isolé dans son désert médical, il choisit à 39 ans de partir avant que la situation ne devienne intenable. Il explique son choix dans un billet intitulé Fin de partie, publié sur son blog et relayé par Egora.fr. A la fin du texte, le Dr Borée répond en exclusivité à quatre questions de la rédaction.

Cour des Comptes: Médecin traitant, constat lucide et propositions médiocres.

Lucides sur le résultat, mais naïfs sur la volonté des promoteurs du médecin traitant d'aboutir à autre chose que le résultat actuel: la marginalisation de la médecine générale. Le corps du rapport est encore un peu plus explicite sur le détournement d'usage du médecin traitant que la conclusion ci dessous.

 Le rapport complet

La volonté du législateur de 2004 de réorganiser le système de  soins autour du médecin traitant et du parcours de soins coordonnés est  loin d’être réalisée en 2012.
L’adhésion des assurés au dispositif ne se dément pas. En 
pratique, il se traduit pourtant pour eux par un mécanisme de sanctions  financières, fortement accrues au fil des années, en cas de non-respect d’un parcours contraignant et difficilement intelligible.

Les quartiers populaires, déserts médicaux oubliés

Sur SLATE: Article très intéressant sur la situation à Rennes où j'ai exercé trois ans.

Commentaire: La situation rennaise est celle d'une ville attractive dans une région attractive, et pourtant le problème de la médecine générale y devient aussi aiguë.
Les autorités saupoudrent quelques aides à quelques initiatives mais les chiffres sont nets: la médecine générale est en terme de financement, le seul secteur en déclin ces derrières années dans le domaine de la santé.

La place du généraliste dans le suivi du diabétique

On ne manque pas de titre dithyrambique pour souligner le rôle central, le rôle de pivot, du médecin généraliste tout particulièrement dans la prise en charge des maladies chroniques.

A delà des mots doux, il y a la cruelle réalité des chiffres.


Diane 35: pour les hommes et les femmes ménopausées.

Le débat sur Diane 35 est absolument surréaliste. Ce médicament a été prescrit très, trop, largement et dans une totale connaissance de ce fait de la part tous les acteurs du système. Tout été fait pour que ça continue pendant trente ans.

Il a une AMM pour le traitement de l'acné. L'HAS notait fort diplomatiquement en 2006 dans ses recommandations sur la contraception que "... Le groupe de travail rappelle que bien que  la pratique ait consacré  l’activité contraceptive des spécialités Diane® et de ses génériques, ces médicaments ne disposent pas de l’indication « contraception » dans leur AMM  et  qu’en  conséquence  leur  prescription,  avec  un  objectif  contraceptif,  relève  de  la responsabilité  propre  du  prescripteur.

2012: activité des généralistes en baisse sur les dix premiers mois

Les soins de villes ont été stables a annoncé la CNAMTS en précisant que les honoraires des médecins/dentistes avaient eu une évolution neutre: ". Les remboursements d'honoraires des médecins et dentistes sont restés à l'arrêt (+ 0 %)."
Le détail est un peu différent. Pour les médecins, les dépenses sur les dix premiers mois de 2012 ont augmenté de 0.9% pour l’ensemble des spécialités avec des différences notables selon les spécialités, avec un pic à +7.4% pour les radiothérapeutes.
Pour la spécialité médecine générale, il s'agit d'un -0,3%.

drôles d'oiseaux

Il m'arrive de droite et de gauche deux types de critiques. La première consiste à dire que les choses ne vont pas si mal pour la médecine générale et que, de toute façon, il ne faut pas le répéter, car ça décourage les futurs généralistes (sûrement un peu trop neuneus pour se rendre compte d'eux-même).